À LA UNE ~ La vente de Nexen pose problème au gouvernement, dit Stephen Harper

 

   OTTAWA _ Le premier ministre Stephen Harper affirme que l'offre d'achat de
la compagnie pétrolière Nexen (TSX:NXY) par la China National Offshore Oil
Company (CNOOC) pour 15,1 milliards $ "soulève une série de difficiles questions
en matière de politiques publiques" pour son gouvernement.

   M. Harper soutient toutefois que certains avertissements provenant des
États-Unis ne seront pas pris en compte dans l'examen de l'offre et sa possible
approbation.

   Il a ajouté jeudi que son gouvernement continuait de recueillir ce qu'il
qualifie "d'informations et d'avis" à propos de l'offre d'achat, alors qu'il est
aux prises avec des "questions difficiles et délicates concernant l'avenir".

   Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'oppose fortement, pour sa part, à
cette acquisition.

   L'Opposition officielle à Ottawa estime que l'examen de cette transaction
proposée est truffé de problèmes et laisse trop de questions sans réponses.

   Le porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles, Peter Julian,
a accusé jeudi le gouvernement Harper de mauvaise foi et lui a reproché de
cacher aux Canadiens les véritables répercussions de cette acquisition. Il a dit
que Nexen joue un rôle de premier plan dans l'économie canadienne.

   Selon M. Julian, l'acquisition met en péril des emplois au Canada et
l'emplacement du siège social de la nouvelle compagnie. Il a ajouté qu'on ne
sait pas non plus comment on assurerait le respect des normes environnementales
canadiennes.

   M. Julian a reconnu que les investissements étrangers sont cruciaux à la
santé de l'économie, mais il a rappelé que ces investissements ne doivent pas
provoquer la disparition d'emplois de qualité ou se faire au détriment du
développement durable des ressources.

   Pour sa part, la porte-parole néo-démocrate en matière d'industrie, Hélène
Leblanc, a dit que la transparence est au coeur même de ce dossier.

   "En étudiant cette transaction derrière des portes closes et en ne
spécifiant pas quels sont les critères utilisés pour déterminer si la
transaction représente un avantage net pour le Canada, les conservateurs ne nous
ont pas laissé le choix", a-t-elle dit.

   Même si le NPD n'aura pas voix au chapitre en ce qui concerne l'éventuelle
approbation de cette transaction, les néo-démocrates affirment avoir l'appui
populaire dans leur démarche.

   Le ministre fédéral de l'Industrie, Christian Paradis, a répondu par voie
de communiqué jeudi en qualifiant le NPD de "casse-cou et d'irresponsable".

   "En tentant de politiser le processus d'examen, (les néo-démocrates)
créent exactement le genre d'incertitude qui effraie les investisseurs sur
lesquels les compagnies canadiennes s'appuient pour créer des emplois, innover
et demeurer compétitives", a-t-il dit.

   Industrie Canada procède actuellement à l'examen de l'offre d'achat de
Nexen, la 10e plus importante compagnie pétrolière canadienne en termes de
revenus. La période d'examen doit se terminer le 12 octobre, mais pourrait être
prolongée d'un mois.