DANS LES NOUVELLES ~ IN THE NEWS Ottawa annonce ses couleurs en santé

Published | Publié: 2011-12-20
Received | Reçu: 2011-12-20 5:02 AM
LA PRESSE LA PRESSE
POLITIQUE, Page: A14

Les provinces en colère

Hugo De Grandpré

   Le gouvernement Harper limitera la hausse des transferts aux provinces en matière de santé d'ici cinq ans. Plusieurs provinces sont furieuses, dont le Québec, qui estime que ces mesures lui feront perdre des centaines de millions de dollars par année pendant au moins une décennie. Le NPD, de son côté, accuse les conservateurs d'avoir trahi les électeurs canadiens.

   Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a pris ses homologues par surprise, hier, en profitant d'une réunion à Victoria pour présenter une position non négociable d'Ottawa sur le renouvellement de l'accord sur les transferts fédéraux de 2004 - position qui s'étendra jusqu'à 2024.

   L'accord actuel, négocié avec le gouvernement libéral de Paul Martin, prend fin en 2014. Cet accord prévoit notamment une hausse des transferts fédéraux en matière de santé de 6% par année. Lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre Harper avait indiqué à plusieurs reprises qu'il maintiendrait cette bonification annuelle. Mais son ministre des Finances a déclaré hier que son gouvernement ne pouvait tout simplement pas se permettre de le faire éternellement.

   Ainsi, cette majoration de 6% sera maintenue pendant trois années supplémentaires, jusqu'en 2016-2017. Par la suite, elle sera établie au niveau de croissance du PIB, avec un taux plancher de 3%. Aux yeux du gouvernement Charest, cette croissance pourrait donc s'avérer inférieure à celle des coûts de la santé, dont le taux se situe à environ 4% par année.

   Ces mesures s'ajoutent à un plafonnement de la péréquation, a souligné le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, et à une nouvelle formule de calcul des transferts de santé, qui permettra à l'Alberta d'engranger un milliard de dollars de plus que les autres provinces.

   "Il n'y a pas eu de discussion", dénonce Bachand

   "Ça va faire un manque à gagner très important", a dénoncé le ministre québécois lors d'un entretien téléphonique avec La Presse. Il évalue ce manque à gagner à des centaines de millions de dollars chaque année pendant au moins une décennie.

   Raymond Bachand a qualifié ce revirement de situation de "surprise totale": "Il n'y a pas eu de discussion, a-t-il dit. Juste une présentation à l'heure du lunch et puis bonjour, merci!"

   "Ce n'était même pas là dans les réunions préparatoires des fonctionnaires."

   Au terme de la réunion, les ministres des Finances de six provinces, dont le Québec, se sont réunis en point de presse pour dénoncer l'annonce de leur homologue fédéral. Celui de l'Ontario, Dwight Duncan, a indiqué qu'à son avis, elle aurait pour effet de déstabiliser la fédération.

   Jim Flaherty a quant à lui fait valoir que le transfert canadien en matière de programmes sociaux (ce qui inclut l'éducation postsecondaire et l'aide sociale) sera maintenu tel quel; tandis que les transferts en matière de santé allaient continuer à augmenter de manière importante malgré les changements annoncés, passant de 30 à 38 milliards entre 2013 et 2019.

   "Nous voulons laisser de côté la question du financement pour nous concentrer sur le véritable enjeu, c'est-à-dire comment améliorer le système pour que toutes les provinces et les territoires puissent offrir à leurs habitants un accès rapide et en temps voulu aux soins de santé", a déclaré le ministre Flaherty.

   A Ottawa, l'opposition officielle estime que les troupes de Stephen Harper ont caché la vérité aux Canadiens au cours de la dernière campagne électorale. "Ils avaient promis de poursuivre le processus d'augmenter à 6% par année... Ils viennent de trahir les électeurs", a accusé le député du NPD Peter Julian.

   Dans un contexte de vieillissement et d'augmentation de la population, il s'agit d'une approche carrément irresponsable, estime M. Julian: "Nous allons assister à une détérioration sérieuse de la qualité de notre système de santé à travers le pays", a-t-il mis en garde. PHOTO: photo françois roy, archives la presse ILLUS: La majoration de 6% sera maintenue pendant trois années supplémentaires, jusqu'en 2016-2017. Par la suite, elle sera établie au niveau de croissance du PIB, avec un taux plancher de 3%.

 

Published | Publié: 2011-12-19
Received | Reçu: 2011-12-20 5:13 AM
SRC TÉLÉVISION - LE TÉLÉJOURNAL / LE POINT SRC TÉLÉVISION - LE TÉLÉJOURNAL / LE POINT

Ottawa annonce ses couleurs en santé

les transferts aux provinces diminueront

   MAXENCE BILODEAU (ANIMATEUR) :

   - Ottawa annonce ses couleurs en santé : à long terme, les transferts vont diminuer, plusieurs provinces vont écoper, dont l'Ontario et le Québec.

   RAYMOND BACHAND (MINISTRE DES FINANCES, QUÉBEC) :

   Un coup de force unilatéral, sans précédent. C'est totalement inacceptable. -

   Bienvenue au Téléjournal. Il y a eu dans le passé des batailles épiques entre le fédéral et les provinces sur le financement des programmes de santé. A chaque fois, des milliards sont en jeu. Ces querelles reprennent aujourd'hui. Ottawa a surpris les ministres des Finances des provinces à Victoria en leur annonçant, sans consultation, ce que sera la nouvelle formule de financement jusqu'en 2024; un formule qui prévoit des baisses progressives de revenus. Cendrix, on a tout de suite pu voir quelles seraient les provinces les plus affectées, il y a de la colère dans l'air.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Eh bien Maxence, on n'a pas eu besoin d'attendre longtemps après l'annonce du ministre Flahertypour savoir quelles étaient les provinces qui étaient mécontentes. Au-delà des montants, dans certains cas, c'est le processus avec laquelle on n'était pas d'accord.

   JIM FLAHERTY(MINISTRE DES FINANCES) :

   Nous voulons laisser de côté la question de financement.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Le ministre des Finances a d'abord annoncé les détails des transferts fédéraux en matière de santé pour les prochaines années. Au total, 178 milliards pour 5 ans. Les provinces compteront sur des transferts comprenant des augmentations de six pour cent par année, comme prévu jusqu'en 2014 ainsi que les trois années consécutives. Mais c'est à partir de 2016 que ça change. On passera alors à un système de financement en fonction du PIB per capita, ce qui ne fait pas l'affaire de tout le monde.

   RAYMOND BACHAND (MINISTRE DES FINANCES, QUÉBEC) :

   Alors nous venons d'assister aujourd'hui à un coup de force unilatéral sans précédent.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Un groupe de six provinces, soit le Québec, l'Ontario, le Manitoba, l'Ile-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, ont uni leurs voix pour exprimer leur mécontentement.

   GRAHAM STEELE (MINISTRE DES FINANCES, NOUVELLE-ÉCOSSE) :

   Le processus était inacceptable. Il faut avoir une consultation.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Au-delà des pertes en argent, ce que les six ministres des Finances reprochent au fédéral, c'est le processus employé pour leur imposer ces nouvelles règles sans négocier alors qu'il restait pourtant du temps pour le faire.

   RAYMOND BACHAND (MINISTRE DES FINANCES, QUÉBEC) :

   Ils arrivent d'un coup sec, sans consultation, sans préparation en disant voici notre position, je mets ça dans mon budgetpuis... je me fous de ce que vous pensez. C'est à peu près ça.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Et ils ne sont pas les seuls à sursauter. Pour l'opposition officielle, c'est une question de priorité.

   PETER JULIAN(PORTE-PAROLE FÉDÉRAL DE L'OPPOSITION OFFICIELLE EN MATIERE DE FINANCES) :

   Et ils continuent avec le financement du F-35, leur système de prison et les coupures d'impôt pour les grandes entreprises, alors c'est un choix, mais c'est un choix qui est mauvais pour les familles canadiennes.

   CENDRIX BOUCHARD (REPORTER) :

   Une autre rencontre impliquant toutes les provinces aura lieu ici même à Victoria dans environ un mois. Cette fois, ce sera le Conseil de la fédération, et il y a fort à parier que ce sujet sera au menu des discussions des premiers ministres. Cendrix Bouchard, Radio-Canada, Victoria.